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  ../// Contes soufis    

Dans ce monde livré au fanatisme de tout bord le soufisme reste un souffle léger et tolérant...

Dans le but de montrer un visage lumineux de l’islam et tenter de réconcilier les français, la compagnie a produit un nouveau voyage spirituel qui nous transporte au coeur de l’humain. Comme Rümï, nous avons utilisé les contes d’enseignement pour illustrer notre propos : humanité, fraternité, humilité, tolérance.  
 
Reconnu par les Occidentaux et par les Musulmans comme l’un des plus grands poète mystiques de tous les temps Rûmï est le fil conducteur de la pièce. Le spectacle s'est construit à partir des contes d’enseignement puisés aux multiples sources du soufisme.

Le rôle du Conteur, “le Guide”, consiste à mettre en lumière les histoires qui composent ce récit épique. Le public deviendra le “disciple” . Il suivra pas à pas les étapes du héros Ayaz qui a été accepté dans un Tekké à Konya par le Cheik. Cela permet au Public novice de découvrir à travers les yeux d’Ayaz, la vie des soufis dans un Monastère, les différents modes d’être et les degrés de conscience que vivra le héros dans le cheminement de la Voie soufie. 
  
Habillé d’une Djellaba blanche, signifiant la naissance de l’humanité, le Conteur entre. Il évolue sur une scène circulaire. Le public est assis autour de lui. Sur une peau de mouton qui est l’emblème du soufisme, le conteur prend place : cet espace est pour les Derviches Tourneurs la reconnaissance du centre de vérité Divine dans l’âtre de chacun. Derrière lui se dresse la porte d’Amour qui est célébrée dans la plupart des odes mystiques.

Au début du conte, la flûte (Ney) ouvre le cercle de la représentation. Elle amène le public jusqu’au Temps primordial, l’océan de notre origine.  Le son du Ney -la flûte du roseau a le pouvoir de révéler le visage de cet autre, qui est son être véritable. La voix du Ney rouvre en l'homme une cicatrice, celle d'un autrefois où il appartenait à un lien d'union viscérale avec les plantes, les pierres, les eaux, les étoiles. Le souvenir de cette Union s'évanouit à la naissance. Mais quand, dans le silence, il entend s'élever les premières notes du Ney, une nostalgie monte en lui, il se souvient de cette patrie perdue.
 
Les poèmes et les chants en langue arabe surgissent au détour du chemin pour surprendre et apportent une dimension plus authentique de l’esprit de Rûmï. Un aspect musical est développé à partir du bendir. L’ instrument de percussion soutien, ponctue et rythme certaines parties narratives et les chants. 

Faire entrer en douceur le spectateur français dans la pensée soufie, essayer de lui faire percevoir la complexité, la richesse et l’originalité de l’héritage soufi, lui ouvrir “ l’oeil du coeur “ , tel est l’objectif de cette création  “ initiatique ”. C'est une invitation au voyage intérieur, une écoute et une saveur de l'être.

Le travail d’acteur-conteur s'est fait à partir des gestes symboliques et des pratiques observés chez les Derviches Tourneurs d’Instanbul et de Konya que nous avons rencontrés pendant notre séjour en Turquie.  Nous avons recherché pendant les répétitions une parole d’inspiration libre. Le soufisme n’est pas une doctrine mais une Voie. C’est une quête de la vérité, renaissant en chaque poème qui doit nous guider vers une sagesse universelle. Une manière pour nous “d’apprendre à apprendre”. 

Cette production artistique et philosophique propose au public-acteur-citoyen un dialogue sur les thèmes qui préoccupent notre société : islam, religions, laïcité, tolérance, égalité des chances, éducation... Les soufis estiment que l’obstacle majeur à l’apprentissage, en Occident, tient à ce que la société valorise la possession et la consommation. Le but ultime doit être d’apprendre à servir la société et non de prendre et de consommer “ 
Doris Lessing ( préface du livre d’Idries Shah “ Chercheur de vérité “ 1983).
                                    
                           
Rafik Harbaoui
Besançon, le 24 septembre 2007


Distribution

D’après Rumi
Adaptation jeu : Rafik Harbaoui
Complicité artistique : Jean-Michel Haffner
Arrangements musicaux et chants : Kacem Mesbahi
Décors et éclairages : Dominique Dumont
Costumes : Nathalie Martella